Le Semaine de la Francophonie au CREL

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Voici le film réalisé par les étudiants pour résumer leur Semaine de la Francophonie, cliquez ici pour le découvrir

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Les 10 mots de la Francophonie… selon Monza

Ma rancœur accumulée me pousse à dénoncer  à fustiger ceux qui ont humilié la fraternité mais il ne sert à  rien de continuer à accuser les hommes, à défaut, il vaudrait mieux aimer l’humanité. Et dire qu’avec des « SI » on pourrait flirter avec  un idéal. Si seulement « un vrai » coup de foudre de l’homme pour l’humain pouvait stopper le mal. La justice ravirait à l’imposture le respect et l’admiration que des fantassins lui donnent ; Et lorsque les hommes se confondraient, acceptant  leur plurielle  identité comme un unique bouquet de la diversité, un si long silence se briserait pour assouvir un monde las et  insatisfait. Coluche disaient « Si tous ceux qui n’ont rien n’en demandaient pas plus, il serait bien facile de contenter tout le monde » ; Et le monde est appelé à s’imposer dans toute sa splendeur, sans s’aliéner de ce qui constitue son cachet  immuable ;  Des peuples des plus diversifiés, des cultures si cosmopolites  que seule la différence a  enrichi.  Et l’homme est si sourd, si aveugle vis-à-vis de son prochain que de plus en plus son savoir-faire prime sur le savoir vivre, Là où  le savoir être  et même l’être fait lui-même, la cour au paraitre.

Fort heureusement la conscience guide les pas de la patience ;   Et le temps,  seul,  nourrit de passion la résistance. Face à soi-même, face à son égo, le combat du vivre ensemble commence par  comprendre sa propre existence. L’homme est son propre semblable, donc notre égal !  Alors pourquoi s’en protéger ?   Où allons-nous «  terriens » ? Est-ce bien le meilleur mot qui nous définisse devant LA DÉMOCRATIE ?  Coluche disait aussi  « Si le théâtre avait dû faire comprendre aux gens la réalité de la bêtiseMolière y serait arrivé avant nous ».

Et dire que la vie est le plus beau théâtre du monde, elle n’en laisse pas même une mince  séquelle de sa propre beauté car comme disait Naguib Mahfouz  « La vie est sage de nous tromper, car si elle nous disait dès le début ce qu’elle nous réservenous refuserions de naître ». Pourtant l’espoir d’un soleil nouveau anime ceux qui se sentent citoyen d’une même race,  celle des êtres humains,  qui  s’acceptent, se respecte, ceux-là qui respire l’avenir, ceux-là même qui  aspirent au  brassage culturel, aux métissages et rêvent de RÉVOLUTION. Toutes ces femmes et ces hommes de contrées  et d’horizons si  différents, sont les artistes et les artisans, qui s’affairent dans le plus gros atelier de notre ère où ne manque que l’esprit d’équipe pour réussir,  ensemble,  l’œuvre la plus complète que pourrait devenir la carte du monde.

La francophonie rassemble par l’usage d’une même  langue  des peuples qui la partagent, se l’approprient  et l’enrichissent, avec la leur. Emprunter d’une langue sans vouloir la dénaturer,  c’est savoir la respecter ;  Puisque pour l’avoir choisi, on est sûr de l’aimer. Voilà comment la langue pourrait imbriquer, à cet instant précis, les chaines de la solidarité.  Puisse chaque maillon se lier par « le parler » au cœur de l’autre, que chaque émotion nourrisse chaque âme et que la paix  berce chaque femme,  chaque homme,  pour que s’apaisent les yeux  de l’humanité,  comme ceux du plus heureux des nouveaux nés ;  Parce que s’ouvrir aux autres,  en tolérant ce qu’ils sont, en restant soi-même et en affirmant qui on est, c’est révolutionner. Et comme le disait si remarquablement  Ernesto Che Guevara « Surtoutsoyez toujours capables de ressentir au plus profond de votre cœur n’importe quelle injustice commise contre n’importe qui, où que ce soit dans le monde. C’est la plus belle qualité d’un révolutionnaire ».

KANE LIMAM / MONZA

Balade ensoleillée en Mauritanie

Marie-Françoise Delarozières a spécialement écrit ce texte pour la dictée enseignant de l’Université.

Au petit matin pâle, nous avons pris notre bâton de pèlerin taillé dans la branche indestructible d’un myrobolan* aux épines vertes acérées. Dans nos poches s’entrechoquent des cauris, porte-bonheur, au cas où nous rencontrerions une diseuse de bonne aventure ou des enfants joueurs. Nous emportons aussi une petite outre de pâte de dattes d’Atar.

Nos pieds glissent dans le sable, dessinant des empreintes éphémères. Un vent léger fait chanter les barkhanes illuminées de soleil. A l’entrée d’une oasis, grince le balancier d’un puits et soupirent les palmes des dattiers. Un vieux sage philosophe égrène son chapelet et nous salue.

Dans un bassin d’eau douce, s’amusent des amphipodes*, crustacés minuscules, et, accrochée au muret, une petite capillaire, cryptogame* émouvante, frissonne.

Au loin, une lourde caravane avance mélancoliquement faisant sonner la pierraille de la piste. Pour quelle odyssée ?

Autour d’un thé parfumé de menthe et joliment mousseux, nous évoquons les « Méharées »* de Théodore Monod et le Maerua crassifolia* dédié à sa femme pour l’éternité. « Les plantes du désert sont courageuses » nous a-t-il dit un jour. Qu’elle est surprenante et héroïque cette petite lavande fleurie au milieu des stromatolites* de l’Adrar !

Nous rejoignons un marigot engourdi. Y flottent des coloquintes et les baobabs des chacals sont fleuris de tendresse rose.

Une natte, tressée de cuir, nous attend au bord de l’océan. Dans un petit fourneau en voie d’obsolescence*, des braises crépitent, et monte, dans le soir doré, le parfum de la Myrrhe africaine*. Le soleil descend lentement transformant les vagues miroitantes en un kaléidoscope de lumières, tandis qu’acronyque* s’élève l’Etoile du berger. Nous avons, avec une graminée, écrit cette ballade dans le sable mouillé. Paix savourée dans l’apothéose du soleil couchant.

Le lendemain, au Banc d’Arguin, dans une lanche silencieuse, glissant sur une eau claire, clapotante et douce à caresser, accompagnés d’un vol de flamants roses, nous avons savouré cette paix inexprimable.

Marie-Françoise Delarozière

 

 

Notes

Myrobolan ou dattier du désert – Balanites aegyptiaca, hassanya : taysot – ouolof : sump, pulaar : muratooki, Quelques plantes utiles en Mauritanie, Panorama du CCF, Février 1981

Amphipodes – groupe de crustacés des eaux douces et salées

Cryptogame – Groupe de végétaux ne se reproduisant pas au moyen de fleurs et de fruits, mais à l’aide d’œufs et de spores. Ici les fougères.

T.Monod, Méharées, Actes Sud, 1989

Maerua crassifolia – hassanya : atïl – ouolof : debarka – pulaar : gégéti, Panorama du CCF, Février 1981

Stromatolites – fossiles d’algues bleues

Obsolescence – usure ou vieillissement d’un outillage devenu suranné du fait de l’évolution des techniques.

Myrrhe africaine, (Bdellium d’Afrique) – Commiphora africana – adr s, ngôlôt, dersé, baddi Panorama du CCF

Acronyque – se dit d’un astre dont le lever coïncide avec le coucher du soleil, ou son coucher avec le lever du soleil.